Avarice en avait terminé avec Anna. La malheureuse gisait, le corps saigné à blanc, sur un lit blanc. La seule impureté qui tachait ce monochrome décoloré était une immense flaque de sang entourant le cadavre et dégoulinant sur le sol humide de la cave.
- Joli contraste! commenta le Péché un verre à la main.
Il le remplit en le pressant contre l'une des déchirures qui zébraient le flanc de la morte, comme si celui-ci avait été ouvert à l'aide d'une énorme épée (Avarice devait s'être défoulée, ce jour-là), et du sang en coula pour remplir le verre qu'Hermina vida d'un trait.
- Oh! Il commence à coaguler! Cela se gâte si vite.
On frappa à la porte. S'essuyant le visage avec sa longue chevelure, elle se détourna de sa victime et sorti de la pièce. Une de ses employées de nuit lui faisait face, légèrement nerveuse.
- Vous voila, Sienna,que se passe-t-il donc?
- Je crois que Colère se trouve dans l'établissement. Que faisiez-vous?
- Liquidation de marchandise périmée. D'ailleur, il serait temps de nous débarrasser des restes...
- Je m'en occupe, Madame.
Satisfaite, Avarice remonta au rez-de-chausée, le ventre un peu lourd. Sienna était son garde du corps, mais aussi l'intendante de l'établissement, et le Péché l'appréciait beaucoup.
-"Tout le contraire de cette sotte d'Anna! 'Toutes façons, à trente-trois balais passés, le corps flétrit, et ça, voila qui est impensable pour la Jarretière Rouge", maugréa-t-elle comme pour justifier son acte de barbarie.
L'enseigne se trouvait peu fréquenté à cette heure et elle repera son collègue sans difficultés, assis sur un sofa de velours rouge pourpre.
- Mon cher, fit Hermina radieuse, je vois que personne n'est venu vous accueuilir! Erreur réparée! et maintenant, dites ce qui vous ferais le plus plaisir en ces lieux!