Gourmandise avait sillonné les ruelles des deux villes au hasard. Elle se sentait terriblement las de ce décor, un goût amer derrière la tête lui rappelait que le ciel gris qui tombait sur les épaules des habitants comme de lourdes masses n’était pas la seule alternative à l’existence. A la sienne tout du moins. A quoi bon les envoyer là, si c’était pour qu’ils perdent tous le moral, peu à peu ? On leur faisait combattre une « force » mystérieuse. Qu’ils posent leurs pions sur l’échiquier du Purgatoire, la farce gigantesque des puissances inconnues ravivait chez certains de vieux instincts de guerrier poussiéreux, ceux là même qui racontent les légendaires combats aux gamins près du feu, en essayant de leur inculquer quelques préceptes que Mathusalem reniait déjà. Laissez des hautes instances rire, ils étaient tous perdus et se donnaient tous une vérité. Il valait mieux s’accrocher à de petites intrigues et faire mine de ne pas perdre sa dévotion plutôt que de sombrer dans la trahison par intérêt personnel. Le groupe … aucune survivance sans eux … malgré d’apparentes divergences…
Gourmandise en était là de sa « réflexion quand elle s’aperçu que ses pas l’avait porté jusque devant l’opéra du Midgard. Pourquoi ne pas entrer dans le hall, il devait s’y donner une histoire qui en valait bien une autre.