Léon ne s'y connaissait pas beaucoup, mais en y allant à l'instinct, il choisit deux carnets – un grand au papier épais pour le dessin, un plus petit et pratique pour prendre des notes.
"Merci, c'est parfait."
Cependant, il n'arrivait pas à se décider à partir. Il se rendit compte qu'il cherchait désespérément un sujet de conversation pour rester encore un peu. C'était, quoi, la… troisième fois qu'il venait ici ? À chaque fois, il était entré avec une question à l'esprit, et à chaque fois il était ressorti sans l'avoir posée.
"Je voulais vous demander… cette question va sans doute vous paraître absurde. Mais je m'interrogeais juste…"
Léon leva les yeux vers le regard déconnecté du vendeur et se mordit la lèvre. Non, non, ce n'était pas une question à poser. Avec son air louche, il allait juste s'attirer des ennuis. Il paya, et sortit précipitament de l'échoppe.
Mais l'air du dehors ne lui apporta pas le moindre réconfort. Il regarda du côté de son épicerie ; tout avait l'air tranquille. Il tourna un peu sur place, hésitant, puis rentra de nouveau dans la papeterie.
"Est-ce que vous auriez une idée du moyen de se procurer… si jamais c'est possible… du matériel d'imprimeur ?" Il s'entendit bafouiller. "C'est de la pure curiosité… Simplement, si l'on voulait distribuer un texte en quantités importantes… il faudrait trouver un moyen de l'imprimer, n'est-ce pas ?"
Il y avait des livres. D'où venaient-ils ? Léon n'était pas certain de savoir d'où il sortait son histoire d'imprimerie, sans doute de sa vie terrestre. Si ça se trouve, le papetier allait lui rire au nez, et il ressortirait soulagé. Oui il devait se sortir cette idée de l'esprit.