- Nom : Sycomore
- Prénom : Léon
- Sexe : masculin
- Age : 29 ans
- Emploi/Rang : commerçant
- Jugement : Pas encore passé en jugement
- Histoire : Léon Sycomore n’a jamais voulu causer d’ennuis à personne.
Né au vingtième siècle, peu avant la révolution sexuelle des années 60, il fut élevé dans une famille conservatrice, héritière modeste de la moyenne bourgeoisie. Tenant à lui insuffler le respect des bonnes mœurs en cette période de remise en question des valeurs traditionnelles, ses parents le préservèrent au maximum des influences du monde extérieur. Couvé toute son enfance, il était un jeune garçon fragile et discret lorsqu’il entra au collège – un établissement privé pour garçons.
Il vécut un passage à l’adolescence pénible, sa réserve et son allure frêle en faisant aux yeux des autres élèves le souffre-douleur idéal. Il se réfugia naturellement dans l’écriture et le dessin, qui devinrent son principal passe-temps dans sa solitude.
À son entrée au lycée, pourtant, un nouvel élève, Samuel Zirkoff, se prit d’amitié pour lui et dès lors, sa vie s’éclaira. Samuel fut la première personne à qui il montra ses quelques productions artistiques, et elles furent accueillies avec enthousiasme et admiration par son ami. Ils devinrent vite inséparables… Le moindre éloignement était pour eux prétexte à s’écrire des lettres exaltées, pleines d’envolées lyriques et de témoignages d’affection éternelle.
Leurs parents surveillaient cette amitié fusionnelle d’un œil sévère, craignant sans oser se l’avouer qu’un " manque de virilité " quelconque ne mène les deux garçons au pire.
Toutefois, leur fougue juvénile sembla s’apaiser pendant leur dernière année de lycée. Ils adoptèrent une attitude plus sobre, plus virile, et somme toute plus digne.
C’est du moins ce que pensèrent leurs parents, jusqu’au jour où le jardinier des Zirkoff rapporta avoir surpris les deux garçons entre les rangées de marronniers de la vaste propriété familiale, enlacés, disait-il, " comme si le Diable s’était emparé de leurs corps ". Ayant redouté cet instant depuis toujours, les Zirkoff ne cherchèrent pas à en savoir davantage et retirèrent aussitôt leur fils du lycée, interdisant aux garçons de se revoir.
De leur côté, les Sycomore auraient préféré davantage de discrétion, et à raison.
Au lycée, la rumeur se répandit comme une traînée de poudre. Dans un établissement de garçons, un élève soupçonné d’homosexualité ne pouvait échapper à l’exclusion. Déjà peu apprécié, Léon aurait pu grandement souffrir de cette situation, s’il n’avait été retrouvé peu après, après plusieurs jours d’absence inexpliquée, enfoui sous des cartons dans une ruelle déserte… " Battu à mort ", mentionna le rapport du légiste. On conclut à un crime homophobe, dont le coupable ne fut jamais retrouvé (ni réellement cherché).
Léon avait 18 ans.

À son arrivée au purgatoire, Léon fut confié à des mineurs. Ses " parents " travaillant du matin au soir, il fut gardé la plupart du temps par un ami, un peintre médiocre, qui lui offrit à ses heures perdues une éducation décente et éveilla sa sensibilité au monde de l’art. Très tôt, il sembla avoir un don pour l’écriture et le dessin…
Hanté depuis sa (re)naissance par le traumatisme de sa mort violente, Léon a grandi en rasant les murs et en se fondant aux ombres. Somme toute, il aurait eu les qualités d’un excellent voleur s’il n’avait eu foi en la valeur de l’argent gagné de son propre labeur. Travaillant de-ci de-là, vivotant pendant tout un moment dans les taudis du Mitgard, il échappa de justesse aux Battues et réussit à économiser suffisamment d’argent pour reprendre à son compte une petite épicerie à l’abandon. Un peu de charbon, le produit des cultures des environs, quelques luminaires et autres ustensiles de cuisine, il commerce maintenant avec les classes du secteur primaire et secondaire dont il est issu. Son entreprise n’est pas très florissante, les vols sont fréquents, mais il gagne de quoi vivre et c’est l’essentiel.
- Apparence physique : Léon est un jeune homme aux grands yeux tristes, au visage émacié et au teint maladif. De taille moyenne, peu musculeux et d’allure malingre, il n’impressionnerait pas un moineau. Il garde les cheveux un peu longs, non par coquetterie mais par distraction. Il n’a de toute façon pas tellement d’argent à gaspiller chez le coiffeur, et il aime se cacher derrière les mèches brunes qui tombent sur son front.
- Habitudes vestimentaires : Il porte toujours le même costume rapiécé acheté aux fripes – une veste et un pantalon bleu foncé, une chemise bien amidonnée et une cravate noire, avec en plus un pull noir lorsqu’il fait froid. Il complète sa tenue d’un pardessus marron lorsqu’il sort. Toujours impeccable, il fait de son mieux pour avoir l’air le plus respectable possible dans ses pauvres atours.
- Qualités : sensible, gentil, attentionné, humble, travailleur, rêveur, passionné
- Défauts : naïf, timide, introverti, nerveux, mythomane, dans la lune, craintif
- Caractère : Léon ne veut causer d’ennuis à personne – il voudrait juste que tout le monde ait la chance d’être heureux. Il a déjà réussi à survivre plus longtemps au Purgatoire que dans le monde des vivants et aimerait bien que ça dure encore, même si l’approche de ses 30 ans l’angoisse un peu.
D’une timidité maladive, Léon ne peut entretenir avec les autres que des relations professionnelles. Cependant, doué d’une imagination débordante, il a tendance à inventer des anecdotes abracadabrantes pour divertir ses clients – tant et si bien qu’il en vient facilement à y croire lui-même. Mentir est pour lui un bouclier qui lui confère une assurance dont il est incapable de faire preuve autrement.
Commerçant par nécessité, il garde un tempérament d’artiste. Derrière son comptoir, en l’absence de clients, il griffonne des histoires qu’il ne lit à personne, gribouille des dessins qu’il ne montre à personne. Il a des projets, pourtant. Il voudrait monter un journal, le journal des ouvriers… Il voudrait être capable de faire réfléchir à leur condition cette masse de travailleurs éreintés.
Les gens l’aiment bien mais considèrent qu’à bientôt 30 ans, Léon devrait peut-être laisser ses idéaux de côté, se trouver une gentille fille et mûrir un peu.
- Possessions : L’épicerie et son contenu, ainsi que l’appartement insalubre au-dessus. Il entasse ses ‘œuvres’ au fond de son armoire, ne pouvant se résoudre à les jeter malgré leur évidente inutilité. Un jour, peut-être…
Un jour, peut-être, il redescendra sur terre et ne se fera plus voler ses propres produits sous son nez.