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| Auteur | Message |
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Amédée Langlois Membre du Midgard

Nombre de messages: 27 Localisation: Partout ou ça explose Date d'inscription: 08/01/2006
 | Sujet: Droit d'asile. Sam 8 Avr - 22:37 | |
| [La Jarretière Rouge] Le coeur joyeux, Amédée gambadait plus qu'il ne marchait dans les ruelles du coron. Pour la plupart des gens, toutes ces maisons et toutes ses artères se ressemblaient comme deux gouttes d'eau, mais pour Langlois, c'était bien plus que cela. Chaque maison lui était familière, chaque lueur tremblotante derrière les fenêtres lui rappelait un souvenir bien précis, un visage, ou une conversation passionnée. Il avait pronnoncé ne serait ce qu'une fois tous ces noms gravés dans le bois de la porte. Bien sûr, comme à son habitude, il évita soigneusement de regarder la maison du coin à gauche, et tourna dans une autre rue, en pressant le pas. Amédée avait toujours dans sa main la bouteille qu'il avait prise dans la maison close. Il resta plusieurs minutes abîmé dans la contemplation des dernières gouttes de liqueur qu'il restait. Il devait impérativement trouver un endroit au dormir, et ce le plus rapidement possible. Un chef révolutionnaire ne pouvait pas se permettre de dormir dans un carton alors qu'il était impérativement recherché par tout le Service Sanitaire, cela manquait définitivement de sérieux. De plus, les Battues étaient de plus en plus fréquentes, et n'épargneraient en aucun cas un homme lové dans du papier journal. Il savait parfaitement que n'importe quel ouvrier l'hébergerait sans problèmes pour au moins une nuit, mais... Une bourrasque de vent secoua son corps frêle. Il devait se décider maintenant, où dormir ? |
|  | | Anomaline Membre du Midgard

Nombre de messages: 17 Localisation: somewhere in Wonderland Date d'inscription: 10/12/2005
 | Sujet: Re: Droit d'asile. Dim 9 Avr - 16:32 | |
| Sortant de la roulette russe, Anomaline se dirigea dans une rue quelconque. Elle avait naturellement mis fin à sa discussion avec Lilian Fraser sous un faux prétexte. Elle n'était attendue nulle part et elle avait encore le temps d'errer un peu dans les rues avant de rentrer chez elle. Elle traversa un boulevard, tourna à l'angle d'une rue. Elle se rendit compte qu'il faisait beaucoup plus froid que lorsqu'elle était entrée dans la maisons de jeux et la nuit commençait à poser son grand manteau étoilé sur les rues de l'Asgard. Peut-être ne s'attarderait-ellepas plus longtemps dehors. Absorbées dans ses pensées, elle heurta de plein fouet un homme qui marchait dans la rue. La danseuse ferma les yeux en tombant et entendit une bouteille rouler sur le sol. Ses paupières se relevèrent tandis qu'elle se demandait si elle devait être confuse et s'excuser ou crier contre l'abruti qui l'avait reversée. |
|  | | Amédée Langlois Membre du Midgard

Nombre de messages: 27 Localisation: Partout ou ça explose Date d'inscription: 08/01/2006
 | Sujet: Re: Droit d'asile. Dim 9 Avr - 20:47 | |
| Langlois venait de se décider pour la maison des Martons lorsque quelqu'un lui rentra dedans avec brutalité...et tomba à terre. Une jeune demoiselle à en juger par le petit gémissement qu'elle poussa. Il tenta de percevoir dans l'obscurité, le visage de celle qui l'avait heurté. Non seulement c'était bien une jeune femme, mais elle était belle. Très belle. Peut-être un peu jeune à son goût mais tout à fait comestible. Il resta quelques minutes muet, ne sachant pas vraiment comment réagir, puis finit par tendre une main secourable à la créature pour l'aider à se relever. Puis se souvenant de ses manières de gentilhomme londonnien il lui dit d'une voix douce : "Veuillez pardonner mon impolitesse Camarade. Croyez-bien que je ne vous avez pas vue. Il ne me serait jamais venu à l'esprit de faire d'une mal à une jeune femme telle que vous.On lui avait toujours appris à être poli avec les dames, et prévenant. Aussi il rajouta : - Vous ne devriez pas rester là. Ces quartiers sont dangereux à cette heure de la nuit, et croyez-moi, les hommes chargés des Battues n'auraient aucun scrupule à faire passer votre jolie peau dans les turbines des centrales."Courtoisie, délicatesse, maintien, élégance. Il savait que cela ne durerait pas, mais s'était toujours amusé des manières bourgeoises qu'il avait gardé malgré lui. Et puis il était fatigué, et espérait que la jeune femme ne le prendrait pas pour un gigolo. Il regarda à regret la bouteille qu'il avait lâchée et les dernières gouttes du précieux alccol qui s'écoulaient dans le caniveau. |
|  | | Anomaline Membre du Midgard

Nombre de messages: 17 Localisation: somewhere in Wonderland Date d'inscription: 10/12/2005
 | Sujet: Re: Droit d'asile. Mer 12 Avr - 18:01 | |
| Anomaline ne fut pas longue à décider qu'ellen'insulterait pas en criant l'homme maladroit qu'elle avait bousculé. Elle le dévisagea de ses grands yeux noirs. Il était beau, ou du moins n'était-il pas laid, semblait un peu plus vieux qu'elle, avait des yeux noirs et de longs cheveux roux. Et il s'adressait aux femmes de manière charmante pensa-t-elle. -Oh je vous en prie, c'est à moi de m'excuser. Et ne vous inquiétez pas tant pour moi. Vous êtes un gentleman mais on ne s'amuse pas à moins de prendre quelques risques...
Elle marqua une courte pause avant d'ajouter en souriant un peu: ...camarade. |
|  | | Amédée Langlois Membre du Midgard

Nombre de messages: 27 Localisation: Partout ou ça explose Date d'inscription: 08/01/2006
 | Sujet: Re: Droit d'asile. Mer 12 Avr - 20:32 | |
| Mon Dieu ! Quel plaisir incroyable d'entendre ce mot dans une si jolie bouche. Le terme "camarade" qu'il s'était approprié et servait à tous ses interlocuteurs prenait dans la voix de la jeune femme des accents nouveaux et inédits, une saveur délicieusement épicée. Splendide. Courtois jusqu'au bout, il continua sur sa lancée : "Vous me surprenez Mademoiselle. Il est rare de voir quelqu'un dans les rues à cette heure-ci, et plus particulièrement quelqu'un tel que vous. Pourtant, vous ne semblez pas vous être perdue et...Il s'interrompit soudain, comme s'il venait d'oublier quelque chose d'une importance capitale et se frappa le front du plat de la main. "Mais quel rustre je fais, voilà que j'en oublie de me présenter. Mon nom est Langlois, Amédée de mon prénom. Autrefois gentilhomme, et né ici sous la forme d'un simple ouvrier sans histoires."Tout en parlant, il déposa un baiser sur le dos de la main de la jeune femme. Prétexter être un ouvrier sans histoires alors qu'il venait de dire son nom pourrait s'avérer un peu inutile si cette créature de rêves se tenait un peu au courant des actualités du Purgatoire. Jamais il n'aurait commis cette erreur en temps normal, mais il était vraiment exténué "dormir, je veux dormir, n'importe où mais dormir" songea-t-il. |
|  | | Anomaline Membre du Midgard

Nombre de messages: 17 Localisation: somewhere in Wonderland Date d'inscription: 10/12/2005
 | Sujet: Re: Droit d'asile. Jeu 20 Avr - 20:37 | |
| La jeune femme laissa monsieur Langlois déposer délicatement ses lèvres sur sa main. Elle sourit, ce geste se faisait de plus en plus rare dans les rues du purgatoire. -Vous êtes bien modeste, M.Langlois pour affirmer être un ouvrier et un ancien gentilhomme. dit elle. Elle le laissa la dévisager quelques secondes avant d'ajouter : -je serais moi-même impolie si je ne me présentait pas, je me nomme Anomaline, danseuse et née ici sous la forme d'une simple bourgeoise. |
|  | | Amédée Langlois Membre du Midgard

Nombre de messages: 27 Localisation: Partout ou ça explose Date d'inscription: 08/01/2006
 | Sujet: Re: Droit d'asile. Mer 26 Avr - 0:02 | |
| Au mot bourgeoise, Langlois ne put réprimer un frisson. Ils étaient donc partout. Enfin, la jeune femme ne ressemblait pas aux autres, peut-être pourrait-il la rallier à sa cause, un de ces jours, si il ne mourrait pas de froid avant. Il secoua la tête. Froid ou pas, la galanterie était toujours de mise. Il sourit et se rapprocha d'elle. Puis en murmurant doucement, il passa un doigt sur une des veines sinueuses du cou de la danseuse. "Anomaline ? Voilà un nom parfait pour une apparition sortie tout droit du néant, une bourgeoise aux yeux de luxure accomplie, dans des sordides corons ouvriers. Il s'éloigna soudain brusquement, comme s'il s'était brûlé, puis s'inclina gravement devant la jeune femme. - Je m'estimerai l'homme le plus chanceux de cette ville s'il m'est donné de voir un jour une créature. telle que vous dans un de mes rêves. Je dois prendre congé belle dame. Adieu.Alors, Amédée bifurqua dans une des ruelles, sans un autre regard vers elle. Il courut presque jusqu'à une des petites maisons du coron qu'il possédait. Tout le monde la croyait abandonnée, mais Langlois l'occupait parfois lorsqu'il devait se cacher. L'intérieur était très spartiate. Une table, une chaise et un tas impressionant de couvertures sous lequel il s'effondra. Le sommeil vint presque instantannément. Si quelqu'un était passé devant cette même maison quelques minutes plus tard, il aurait pu entendre une voix d'adolescent endormi murmurant sans relâche ces quelques mots : - Liberté liberté chérie. |
|  | | Orgueil Péché

Nombre de messages: 51 Localisation: Essentiellement Asgard Date d'inscription: 31/10/2005
 | Sujet: Re: Droit d'asile. Mer 26 Avr - 11:46 | |
| Les trois gorilles se postèrent naturellement, comme par réflexe, autour du taudis; Deux a la porte, un a l'unique fenêtre dont les volets de bois n'avaient pas été ouvert depuis longtemps, si on jugeait d'après les planches qui y avaient été cloué de l'intérieur. L'un d'eux sollicita leur maître du regard, alors qu'il passait le seuil accompagné du crissement de gonds mal huilé. Il est presque dans les us des employés d'Orgueil de ne pas attendre de réponses, ni même une quelconque marque d'attention, aussi, ce refus poli d'un "chaperon", prononcé avec un franc sourire, le mis dans l'embarras le plus profond. L'habitude, voyez vous, on ne bouscule pas les habitudes. Il bredouilla quelques mots inintelligibles, alors que l'ombre la plus fluette des 4 disparaissait a l'intérieur, et apercevant du coin de l'oeil une étincelle moqueuse sur les lèvres de l'autre en faction, juste la, il baissa la tête jusqu'a ce que son menton touche son torse, sa position favorite pour tenter de réprimer les insultes et la furieuse envie de lui mettre... Sordide. L’intérieur était sordide. Une lampe a pétrole maladive éclairait une table, une chaise et un tas impressionnant de couvertures sous lequel était effondré soit un clochard bienheureux de la désertion du propriétaire, soit l'homme qu'il était venu chercher. Il puait l'alcool, bien sur, mais de l'être endormis, et non pas de la maison, exhalait un relent vague de poudre d'explosif. L'anarchiste était la. Sans nul doute. Orgueil eut un mouvement pour aller secouer cette outre indigne, mais il se souvint a la fois de sa dignité aristocratique, et du caractère pénible qu'une conversation avec un homme pas tout a fait décuvé présentait. IL en convint, jeta sur la table un lourd dossier ainsi qu'une bourse énorme. Puis s'assit nonchalamment sur la chaise. Les pieds croisés sur la table, se balançant doucement, en Equilibre, il attendit. |
|  | | Amédée Langlois Membre du Midgard

Nombre de messages: 27 Localisation: Partout ou ça explose Date d'inscription: 08/01/2006
 | Sujet: Re: Droit d'asile. Dim 30 Avr - 11:42 | |
| La gueule de bois était un état quasi-permanent chez Amédée Langlois, anarchiste et révolutionnaire convaincu, allongé présentement sur le sol d'une petite baraque miteuse du coron ouvrier de l'Asgard. Mais celle-ci était particulièrement tenace. "Se rappeler, nota-t-il mentalement, ne jamais boire deux bouteilles d'alcool après ne s'être nourri que de pain rassis pendant trois jours". Il se releva péniblement, et commença à s'extraire des couvertures, sans songer au furieux mal de tête qui l'empêchait d'avoir les idées claires. Soudain, Langlois se figea. Il n'était pas seul, quelqu'un était entré dans la maison durant son sommeil. Instinctivement, Amédée porta la main à sa poche où se trouvait sa dague. Le métal froid contre sa main le rassura et acheva de le réveiller. Précautionneusement, il finit de se lever et s'approcha de l'homme. Langlois était rassuré, cet inconnu n'était pas là pour le tuer, il 'aurait pas attendu qu'il se réveille pour lui trancher la gorge. Ses yeux s'habituant à l'obscurité, il put bientôt discerner celui qui était rentré chez lui. C'était un homme de faible constitution, et si mince qu'il paraissait aisé de le briser comme un fétu de paille. Cependant, il dégageait une prestance vraiment incroyable, qui forçait le respect. S'il n'avait pas été si richement vêtu, Amédée lui aurait sans doute souhaité la bienvenue et offert quelque chose à boire, mais tout dans l'allure de l'étranger puait l'aristocratie triomphante, et qu'un aristocrate triomphant se permette d'aller le voir lui, Amédée Langlois, était proprement intolérable. Mais avant de fiche sans ménagement ce cochon de bourgeois capitaliste à la porte, Langlois cru bon de rester civil: "Monsieur, j'ignore qui vous êtes et cela m'importe peu, si vous pouviez avoir l'obligeance de quitter les lieux dans les plus brefs délais..." Il avait prononcé ces mots avec le plus froid mépris, un autre héritage de ses origines nobles qu'il haïssait tant. |
|  | | Orgueil Péché

Nombre de messages: 51 Localisation: Essentiellement Asgard Date d'inscription: 31/10/2005
 | Sujet: Re: Droit d'asile. Sam 6 Mai - 12:15 | |
| Orgueil avait cessé de se balancer. un instant, de patience, d'attente. le dernier accent du dernier mot de l'inutile formule resonnait entre les deux hommes comme une unique note, maintenu a cette hauteur cristalline qui fait frisonner la chair des communiants. La chair d'Amédée attendait le conflit, le relachement, que les muscles se tendent, ou se detendent; il tremblait. L'esprit d'Orgueil testait celui de son adversaire. Un souffle et un sourire, et la position du vieil homme changea naturellement; il reprit une posture affectant l'air serieux et detaché, les 4 pieds de la chaise posé brutalement sur le sol, sans que le choc assourdi du bois sec n'altere la synergie mi-silencieuse des deux combattants a l'aube de la confrontation. le dossier fut ouvert, et tourna doucement jusqu'a se placer devant l'anarchiste, pour lui balancer a la figure son propre portait dessiné a la main, assez ressemblant si ce n'est que les cernes y paraissait trop marquée. Son nom était ecrit au bas, et un numero de plusieurs lettres et numero, correspondant a un type de classification qui ne laissait nul doute quand a la provenance de ce document... Ce que le Service Sanitaire avait elaboré. Ce qu'eux savait de lui. Orgueil tourna une a une les pages, mécaniquement, avec l'air de lire des notes. Il s'y etalait une ecriture de bureaucrate pressé, serré, qui semblait vu a l'envers etre d'immenses ratures. Le jeune homme, lui, pouvait voir des coupures d'articles, des rapports, des temoignages, des signalements, des descriptifs de toutes les actions ou il étaient suspecté d'avoir eu un role. Le dossier était enorme. Lassé, ou considerant cela suffisant, Orgueil le referma, se pencha plus encore sur la table, fronca les sourcil d'un air songeur, le regard sur le cuir de la couverture, ou sa main s'était instinctivement posée . Il inclina la tête, puis leva les yeux, solicitant du regard Amédée, decouvrant leur abscence d'iris et de pupille, que la lumière blafarde n'avait pu reveler jusque la. |
|  | | Amédée Langlois Membre du Midgard

Nombre de messages: 27 Localisation: Partout ou ça explose Date d'inscription: 08/01/2006
 | Sujet: Re: Droit d'asile. Sam 6 Mai - 13:55 | |
| "Impressionant" murmura-t-il, ses yeux parcourant les pages "Très impressionant".Sa méfiance n'en fut cependant que redoublée. Qui était cet homme ? S'il avait réussi à subtiliser ce dossier au Service Sanitaire, il devait être d'une puissance terrible. Ce ne fut qu'à ce moment là que les yeux de Langlois se levèrent sur ceux de l'inconnu. Un regard d'aveugle, vide de tout sentiment. Un regard de cadavre. Les péchés - car cette viste inattendue était sans nul doute l'un d'entre eux - en cent années de vie au Purgatoire, Amédée n'avait jamais eu l'occasion de rencontrer l'un d'entre eux. Il n'avait pas pensé qu'un non-humain puisse s'intéresser à lui et à son combat. Celui-ci ne lui inspirait qu'une profonde antipathie : tout en lui respirait la suffisance, de ces mouvement à son air de profonde lassitude. Soudain, Amédée sortit de sa poche la dague qui n'avait pas quitté sa main, et brutalement, l'enfonca dans le bois de la table, ou celle-ci resta plantée. Il commenca à marcher de long en large, faisant craquer les lattes du plancher rongé par la vermine, tout en essayant de ne pas trop penser aux yeux laiteux posés sur lui. Il finit par s'adosser contre l'un des murs et inclina silencieusement la tête, pour inviter l'homme à lui exposer les raisons de sa venue. |
|  | | Orgueil Péché

Nombre de messages: 51 Localisation: Essentiellement Asgard Date d'inscription: 31/10/2005
 | Sujet: Re: Droit d'asile. Sam 20 Mai - 16:55 | |
| Les mains jointes devant la bouche devaient cacher le sourire satisfait par trop voyant qui demeurait alors que sans respirer, éxagérement les mots roulaient sur eux-même sans discontinuer de suivre la pâle ligne d'un horizon fuyant. "JE, suis impressionné monsieur Langlois l'attentat de Ricklehanz du champ de mai la destruction de la manufacture Mouriez de la société de banque Lyndon Johnson - où j'avais des capitaux d'ailleurs - l'émeute de Réveillon et celles du tramways si la moitié de ce que contient cet honorable volume est vérifié ce dont je ne puis douter votre action s'illustre monsieur Langlois par le nombre d'occasions que vous avez saisi de clamer vos idées et votre héro-isme. Très impressionnant en effet disiez-vous modestement sur votre propre compte j'avoue au nom de mes lointains aïeux que mon materialisme mon pragmatisme mon sens du tangible me font difficilement comprendre comment en un siècle on aboutit au constat d'un combat que l'on a mené à rien les dynamiques restent les même les paris aussi la force sale continue de couler et les entreprises se créent un nombre croissant un nombre exponentiel d'hommes sont transformés en plue-value qu'on applique monsieur Langlois qu'on applique à de la matière première et les "cochons de bourgeois capitaliste" de s'engraisser et de boire à votre santé en pariant sur votre prochaine bombe qui sait un peu de chance chez moi et je pourrais licencier tandis qu'en bas il continue de pleuvoir sur votre cher peuple chéri que vous avez oublié en reniant l'efficacité. La bombe de la manufacture Mouriez action d'éclat ? C'était une société écran escroquerie vaste draineuse de capitaux qui aurait mis sur la paille un tiers des bonnes familles bien pensantes et bien idéales adepte de consanguinité des faubourgs de notre belle cité anciennement prospère Monsieur Langlois et peut-être ne rien faire aurait été plus efficace que de leur sauver à tous la face." Il déjoignit les mains, pianota avec naturel sur la table, un sourire pensif desormais. "Monsieur Langlois... Je crois qu'il est temps pour vous de vous... salir les mains... de vous... compromettre avec quelqu'un comme moi. Cela afin que votre prochaine "action d'éclat" soit autre chose qu'un gros titre dans la presse à la mode du Purgatoire. Il est hors de la condition des hommes de changer leur monde en quoi que ce soit, il leur est impossible de lever en la realité un idéal même modeste... Mais, vous ne pouvez pas l'ignorer, je ne suis pas soumis à ces même règles. Et je vous propose, Monsieur Langlois, de faire mien votre combat, avec votre aide, votre association, votre direction." Et, cessant les mouvements erratiques de son esprit flaneur qui léchait à grands coups les parois de bois, pour les rassembler, il fut prêt à une éventuelle attaque ou à calmer une possible impétuosité débordante. |
|  | | Amédée Langlois Membre du Midgard

Nombre de messages: 27 Localisation: Partout ou ça explose Date d'inscription: 08/01/2006
 | Sujet: Re: Droit d'asile. Dim 28 Mai - 10:57 | |
| Plus la conversation avancait, et plus il semblait à Amédée que l'homme prenait des airs de propriétaire. Or, Langlois appréciait moyennement que quelqu'un d'autre que lui ne prenne des airs de propriétaires dans sa baraque délabrée puant le moisi et la vinasse. Au fur et à mesure que le péché parlait, Amédée sentait tous ses muscles se tendre, son cerveau cherchait déjà le meilleur moyen d'éviscérer sur place ce grossier et arrogant personnage. Il fit un geste en direction de sa dague, toujours plantée dans le bois de la table, mais son bras s'arrêta à mi-course, suspendu dans les airs par ce qu'il serait bon d'appeler un instinct de conservation. Amédée avait beau être d'un naturel emporté, il savait parfaitement que tenter de porter une attaque a un péché quel qu'il soit, s'avérerait aussi inutile que de demander au Porte-Parole de danser le tango. Sa main retomba le long de son corps, et il posa sur l'homme un regard désabusé. Puis lentement, il se dirigea vers le tas de couverture et s'y assit, d'un air las. Il laissa le silence s'installer dans la petite maison, refusant de le briser trop brusquement, et prit soudain un longue inspiration : "Monsieur, commença-t-il - toute cette étiquette l'ennuyait au plus haut point mais il ne parvenait pas à donner du "camarade" à son interlocuteur - ce que vous me proposez est ce dont rêve tout idéaliste. Le soutien d'une grande puissance, de quelqu'un capable de vous couvrir le cas échéant et de vous fournir tout ce dont vous pourriez rêver. Mieux que cela. Tout homme tel que moi sait parfaitement que son rêve de société idéale ne deviendra jamais réalité. Mais vous, vous avez ce pouvoir. Le pouvoir de donner vie à l'utopie. Cependant... Il marqua une pause, et la flamme de fanatisme qui s'était éteinte se ralluma au fond de ses prunelles. Vous l'avez souligné vous-même, vous n'êtes pas soumis aux même règles que nous, et de ce fait, comment pouvez-vous comprendre ce qui nous, humains, nous anime, les idéaux qui nous hantent ? Il vous est impossible de comprendre le sens de mes actes et de tout ceux de les semblables. L'Anarchie est un cheminement vers la raison Monsieur le Péché. je n'attends aucune réaction positive de la part de ces bourgeois, mais en faisant exploser leurs édifices, c'est à tous les opprimés et les ennemis du système que je m'adresse. Je cherche moins à mettre dans l'embarras les Aesirs capitalistes qu'à provoquer chez tous les autres le sentiment qu'une révolte et un boulversement du système est possible. j'aimerai faire comprendre à tous ces gens que si je parviens, tout seul, à faire exploser un bâtiment puant l'argent et la suffisance, nous arriverons ensemble à renverser ce système Si vous êtes dans l'incapacité de comprendre cela Monsieur, je n'accepterais pas de m'associer, de me "salir les mains" comme vous le dites."Sa respiration s'accélérait alors qu'il parlait. Amédée Langlois avait l'impression de se retrouver le jour de son exécution sur la terre des hommes, hurlant ses convictions à tous ceux qui voulaient vois sa tête tomber dans le panier de la guillotine. |
|  | | Orgueil Péché

Nombre de messages: 51 Localisation: Essentiellement Asgard Date d'inscription: 31/10/2005
 | Sujet: Re: Droit d'asile. Sam 17 Juin - 0:22 | |
| Orgueil soupira, trop ostensiblement peut-être. Voilà les humains, toute leur envergure! Les rêves. Quand à les réaliser, quelle idée, quelle horreur, quelle question... Il méprisa souverainement Langlois à cet instant précis. Cela, n'était qu'un homme dont la lutte n'était qu'à peine une raison de vivre. Sa seule. Ce n'est pas lui qui faisait la révolution, c'est la révolution qui le faisait, et il aurait tout donné pour que jamais elle ne cesse de naître et d'être etouffée dans l'oeuf, lui donnant la justification de sa vie pathétique et creuse. Aucun homme, alors, n'a le courage de ses ambitions? Est-ce cela, l'homme, et le langage de l'homme, sa parole, sa foi? Il se leva et toisa cet être recroquevillé sur du linge qui puait la sueur avinée. "Vous avez raison ; Je ne peux pas comprendre, puisque j'ai achevé ce cheminement vers la raison qui me fait voir les choses telles qu'elles sont, sans me laisser le loisir de saisir le monde en fonction d'une projection egotique. J'ai cru que vous aviez un idéal à réaliser. En fait d'idéal, vous l'avez dit, ce n'est qu'un fantôme, qui vous "hante". Est-ce lui, qui déjà fait partie du passé, ou vous? Si je ne le sais pas, je m'en moque ; cette mythologie de la pureté du geste est sans intérêt. Parlons du présent plutôt : ce monde inerte durant un siècle, va être ébranlé par l'action de puissances qui me dépassent même ; De cet affrontement naîtra un ordre nouveau, dont l'organisation sera échu au vainqueur. Or Je serais, avec mes semblables, celui-là... Je vous offrais ce vide sans intérêt, à votre ridicule sens de la fraternité et à ce contresens haineux sur "bourgeoisie". Lorsque l'idée même et seule aura cessé de vous donner le suave plaisir de la masturbation intelectuelle, revenez à moi; votre tribu sera le sort du Purgatoire, dont je n'ai cure, pour prix de votre aide à une vaste entreprise de chaos. Un refus serait..." Orgueil s'arrêta, se demandant s'il en vallait la peine, ce jeune homme qui ne payait pas de mine, qui ne réalisait pas que parler ne sert de rien, même avec cette lueur enfantine quoique touchante dans les yeux. Et mes propres discours non plus, pensa Orgeuil. Le soupir fut discret, car plus profond. |
|  | | Amédée Langlois Membre du Midgard

Nombre de messages: 27 Localisation: Partout ou ça explose Date d'inscription: 08/01/2006
 | Sujet: Re: Droit d'asile. Sam 17 Juin - 12:19 | |
| La lueur passionnée dans les yeux de l’anarchiste s’embrasa. Et il éclata de rire. Un rire mélodieux, argentin, presque trop beau pour sortir de cet homme abîmé et affaibli. Il résonna dans la maison crasseuse et dans les rues du coron, tranchant le silence de la nuit. Cela faisait longtemps que Langlois n’avait pas ri de bon cœur comme cela. Il eut beaucoup de mal à retrouver son sérieux. Et ce fut un sourire arrogant aux lèvres, et les larmes au coin des yeux qu’il répondit à Orgueil : « Mais tu as raison Camarade, entièrement raison. L’Anarchie est mon fantôme, et le but ne m’intéresse finalement que très peu. Je rêve bien sûr de cette société, et pense sincèrement que mon utopie pourrait un jour prendre vie, mais le cheminement est tellement plus intéressant que l’accomplissement, même en politique. Sans doute es-tu trop vieux désormais, trop sage et trop intelligent pour comprendre la beauté d’une action désespérée. Tu vis depuis tellement longtemps que la notion même de beauté doit commencer à échapper, et c’est pour ça que tu ne comprends pas, que tu ne pourras jamais comprendre. Mon idéal est voué à l’échec ? Qu’importe, ce geste est magnifique. Si je ne parviens pas à ce que je désire, quelle importance ? J’aurais tout donné pour m’en approcher le plus possible, et cela marquera ceux qui viendront après moi, et qui seront peut-être capable de bâtir mon utopie.Il s’arrêta brusquement, et posa sur Orgueil un regard partagé entre la pitié et le défi : - Ecoute-moi : ton offre est séduisante, et tu me plaît. Nous ne partageons pas la même vision du pouvoir, mais tu es le seul être ici capable de m’accorder ce que je désire. Le Purgatoire est une chance de pouvoir accomplir, ce pour quoi je suis mort sur Terre, et tu vas m’aider, que tu le veuilles ou non, car tu as également besoin de mes services, pas vrai Camarade ? »Langlois avait conscience que ce qu’il faisait était extrêmement dangereux, et que le péché, pouvait à tout moment choisir de mettre fin à son existence, mais tout cela semblait avoir si peu d’importance maintenant. Peut-être se faisait-il manipuler, mais si par des moyens détournés, il parvenait à rendre la liberté et la raison à tous les habitants du Purgatoire, rien d’autre n’avait d’importance. |
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