Ebrius Sanguine

Bienvenue au Purgatoire
AccueilAccueil  ­FAQFAQ  ­RechercherRechercher  ­S'enregistrerS'enregistrer  ­MembresMembres  ­GroupesGroupes  ­ConnexionConnexion  
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujetPartager | 
 

 Derrière la porte rouge, en bas de chez moi.

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Aller à la page : 1, 2  Suivant
AuteurMessage
Orgueil
Péché


Nombre de messages: 51
Localisation: Essentiellement Asgard
Date d'inscription: 31/10/2005

MessageSujet: Derrière la porte rouge, en bas de chez moi.   Sam 21 Oct - 15:03

Le vieil homme ne remarqua pas, semble t-il, son entrée. Bien deux années s'étaient écoulés depuis que l'antique cloche avait cessé d'annoncer l'audace d'un hypothétique client, sans que le propriétaire n'y fasse rien. Celui-là considérait que l'ostensible vue basse portée avec ses lunettes rondes ainsi que son apathie évidente, forçait assez l'indulgence envers les pourrissants qu'ont les quidams de ces quartiers, d'ordinaire moyennement riches, qui en exigeant certes un accueil dans les règles, étaient pourtant dotés à l'occasion d'assez de curiosité pour franchir la porte rouge, seule devanture, et braver l'enseigne "Han Fu Lee : magasin chinois".

D'un côté, considérée de l'extérieur, cette ébauche d'échoppe mitée au bas des plus grands monuments de la prosperité fantoche d'Asgard semblait hors de propos.
De l'autre, passé la porte, et dès le vieil homme en kimono, elle devenait totalement absurde.


Orgueil, il en avait l'habitude, ne se signala pas, ignora ce qui légitimait - à peu près - l'appellation de "magasin": un unique achalandage grossier de bouddhas de diverses couleurs et tailles, unis par leur absolu mauvais goût, et, après avoir passé trois petites volées d'escalier, s'avisa que sa "place" n'était pas occupée, l'unique place. Il s'y précipita avec enthousiasme. De là, sur cette terrasse surplombant l'entrée, il attendit le bon vouloir du vieil homme, qui après ces dizaines d'années de clientèle régulière, lui imposait toujours cette sorte de négation, plus par manie que par ce qui pouvait lui rester d'un mépris usé par le temps.
Orgueil mit à profit les dix minutes en suspend pour détailler, à travers l'obscurité rougeoyante, encore, ce coquet iconoclaste, maquillé à l'excès, faisant fi du monde, et intraitable dans son exigence d'être considéré comme et sage et asiatique, lors qu'il n'était ni l'un ni l'autre.
Le vieil homme, après avoir lissé une fine et gigantesque moustache blanche, apporta dans sa distraction au Péché souriant ce qu'il avait de meilleur, et ce qu'il fallait pour le consommer.


Dernière édition par le Sam 21 Oct - 19:16, édité 7 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Envie
Administratrice


Nombre de messages: 134
Localisation: Dans le Purgatoire
Date d'inscription: 12/09/2005

MessageSujet: Re: Derrière la porte rouge, en bas de chez moi.   Sam 21 Oct - 17:59

Quelques heures plus tard…

L’endroit faisait penser à un mauvais décor d’une mauvaise pièce de théâtre. Envie hésita plusieurs minutes devant la porte cramoisie. Ce n’était pas le genre d’endroits ou elle se serait attendue à voir son collègue. Cependant, l’espion de Pallido lui avait assuré que le péché s’y rendait régulièrement : « vous comprendrez en entrant » lui avait-il dit, avec un sourire entendu.
L’intérieur était aussi hideux que l’extérieur. L’homme au comptoir ne releva même pas la tête en la voyant entrer. Envie en conçu de la frustration. Elle était habituée à ce que tous les regards s’accrochent à ses pas, désirant cette magnifique femme tout de rouge vêtue. Cet endroit la décontenançait quelque peut. Ou diable son collègue avait-il pu se cacher ?
Elle tourna plusieurs fois sur elle-même, dans l’espoir de trouver quelque indice susceptible de lui montrer ou il était. Ces derniers temps, Envie se sentait différente, comme étrangère à elle-même, mortelle parmi les mortels. Et cela depuis que le Porte-Parole lui avait démontré – preuves en main – qu’au Purgatoire, elle n’était pas la plus forte. Une grande leçon d’humilité pour un péché.
Cet acte avait opéré en Envie, un changement radical. Peut lui importait désormais les ordres de ses supérieurs, elle avait l’intention de se venger de ce qu’elle avait subit. Et peut lui importait s’il fallait pour cela démanteler entièrement le Service Sanitaire. Il y avait quelque chose derrière cette organisation. Quelque chose qui pourrait expliquer la réaction si violente du Porte-Parole. Même eux, péchés, n’avaient aucune idée ce que pouvait être réellement le Service Sanitaire, et l’identité de leur chef semblait être un des secrets les mieux gardés des Cieux. Et pour découvrir ce que c’était – et par la même occasion arrêter le massacre de ses employés – elle aurait besoin de quelqu’un qui détestait autant, si ce n’était plus qu’elle, cette marionnette blanche.

Au bout de quelques minutes, agacé par le perpétuel va et vient de la nouvelle venue, le propriétaire la pris par le poignet en grommelant et l’emmena derrière le comptoir.
Envie dû deviner plus qu’elle ne vit Orgueil, derrière un épais écran de fumée odorante.
L’Opium…poison de rêves. Un des plus grands vices de son collègue. L’espace d’un instant, le péché regretta d’être venue. Elle n’avait aucune idée de la façon dont son collègue réagirait sous l’emprise de la drogue.
Elle s’approcha toutefois de lui, et, s’asseyant aussi gracieusement que si elle avait été dans un salon de thé, lui adressa un « Bonjour » des plus charmants.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://digitaline.deviantart.com
Orgueil
Péché


Nombre de messages: 51
Localisation: Essentiellement Asgard
Date d'inscription: 31/10/2005

MessageSujet: Re: Derrière la porte rouge, en bas de chez moi.   Mer 25 Oct - 21:47

Les élans de politesses sont rares, que ce soit ici ou ailleurs. Dans des cas, question d'indifférence crasse, dans d'autres, tradition.
La cupidité fait parfois cohabiter dans cette salle quelques habitués qui, bien vite, chutent, mangés par les coussins, et leurs restes ont pour les compagnons de route de l'occasion l'intimité que partagent ceux qui ne saisissent plus le mot "pudeur". La drogue, comme l'alcool surement, brise toute fierté. Méditation, retour spirituel, surgissement de l'être dans la chair, ou bien merde qui remonte à la surface, chacun sa vue de la chose; demeure la nécéssaire solitude. Des âmes en déclin à proximitée, c'est le luxe de ne pas oublier d'être humble face a soi. Mais quelle importance? Oublier l'autre est la tache à laquelle s'atteller en premier.
Un "bonjour", c'est déroger a ça.
D'assis, Le péché passe alors avec une langueur excessive à une position couchée, comme une tentative de faire revenir le sommeil qu'un bruit sourd, ou un importun, dans le cas present, a chassé. Les muscles lâches, tête rejettée en arrière, toute cette tromperie qui ne fonctionne pas vraiment, car il ne s'y pris pas lui meme, lui parut, malgré sa lutte pour garder quelques relents d'opium devant les yeux, loin d'etre déplaisante, par sa faussetée même. Combien de temps Envie... L'attente imposée a la chair... De quoi écrire des pièces. Il s'avachit de toutes ses forces.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Envie
Administratrice


Nombre de messages: 134
Localisation: Dans le Purgatoire
Date d'inscription: 12/09/2005

MessageSujet: Re: Derrière la porte rouge, en bas de chez moi.   Mer 25 Oct - 23:04

Envie avait toujours trouvé fascinants les réflexes de ceux qui étaient atteints par les effets de la drogue. Elle ne pensait cependant pas trouver chez Orgueil des réactions aussi…humaines.
L’expression de son visage lui faisait penser à celle qu’elle avait trouvé sur le visage des drogués de Whitechapel, il y avait une éternité de cela.
Son collègue entendit-il ce qui suivit ? Elle n’en était pas tout à fait sûre.

« Orgueil...j’ai besoin de toi. Il s’est passé ces derniers jours des choses qui échappent à mon contrôle, je ne sais plus quoi faire.

Tout en parlant, elle s’était levée, et fit quelque pas dans la pièce, tournant résolument le dos à son interlocuteur. Ses doigts tremblaient autour de sa cigarette.

- Tu dois trouver cela du dernier des comiques non ? Que je vienne jusqu’ici te demander de l’aide…Alors que depuis des siècles nous jouons à celui qui sera le plus hostile envers l’autre.
Je n’arrive plus à contrôler seule le Porte-Parole Orgueil. Il y a deux jours, il m’a rendu une petite visite, pour me convaincre de ne pas divulguer certaines informations que j’avais apprises sur son compte et m’a laissée quasi-agonisante dans mon salon, les côtes cassées. La même nuit, il faisait tuer une de mes danseuses.

Envie se tut quelques instant, cherchant ses mots. Elle savait qu’elle était en train de faire preuve de faiblesse, mais il fallait qu’il l’aide.
"Le Service sanitaire n’a même plus peur de nous, ils ne nous respectent plus. Le Porte-Parole devient de plus en plus influent. Si nous n’agissons pas rapidement, la situation pourrait tourner au carnage. Et je n’ai aucune envie de laisser tuer tous mes artistes, il est extrêmement coûteux de les remplacer.

Son regard s’était perdu dans le vide, elle avait presque oublié la présence d’Orgueil à ses côtés.

- Que suis-je censée faire Orgueil ? Nos supérieurs nous ont presque abandonnés, nous ne recevons plus que des ordres très vagues d’en bas, Lilith ne s’est pas adressé directement à nous depuis des années. Et maintenant nous voyons notre autorité décliner de jours en jours. Sommes-nous devenus tellement impuissants que le moindre petit acte de rébellion suffirait à nous renverser ? Tu t’es fait poignarder il me semble…puis moi, qui est le prochain sur la liste ?

Sa cigarette s’était éteinte pendant qu’elle parlait. Elle resta plusieurs minutes immobile, sans oser la rallumer.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://digitaline.deviantart.com
Orgueil
Péché


Nombre de messages: 51
Localisation: Essentiellement Asgard
Date d'inscription: 31/10/2005

MessageSujet: Re: Derrière la porte rouge, en bas de chez moi.   Dim 29 Oct - 23:37

Par la grâce des Dieux, elle ne releva, à travers le nuage odorant, ni ses lèvres déformées ni sa respiration retenue et attentive, car elle les aurait sentie en sa chair plus qu'aucun coup de gourdin; gâcher ce moment en froissant par distraction sa petite fierté aurait été un crime de lèse-majesté. Cette confession était... Délectable, bien sur, mais devait être de même décisive, et Orgueil ne voulait pas jouir plus que de raison.
Il employa le temps que lui offrait la fumée stagnante avant qu'elle ne se dissipe, à l invention de quelques réponses qui devaient sur l'instant faire oublier à son orgueilleuse collègue que Lui, sans le faire certes exprès -frustrant, en un sens-, avait été l'indiscret témoin d'une crise narcissique qui somme toute, ne concernait qu'elle; et encore, ça serait passé, plutôt vite.
Il choisit, se mettant avec une certaine lenteur sur son séant, de se retrancher en un bas pragmatisme.

"Mon "meurtre" n'est pas de son fait, et est bien indépendant de notre éventuelle perte d'influence."

Préserver l'orgueil, d'abord. Il y a des règles quand même, et elle avait un peu trop vite mit leurs agressions respectives sur le même plan. Non; Leurs cas étaient différends. Sans compter que Lui ne s'abaissait pas aux épanchement pathétiques: Lui restait, et c'était une occasion rêvé de l'être plus que jamais, professionnel.
"Cela dit... Je ne suis pas très optimiste, à "votre" image. Les armes -il lui adressa un sourire entendu, alors qu'il se plantait face a elle, a la recherche d'un regard- sont trop rares ici, pour prétendre en équiper de vastes contingents. La crise affaiblit mes contacts dans les milieux d'affaires, qui se détournent des organismes centralisant les capitaux comme le mien. Il faut agir vite, c'est vrai, car ce ne sont pas non plus les bouffées révolutionnaires des bas quartiers, auquel je tente de donner un financement viable, sans trop de succès jusque là, qui renverseront le Porte Parole. Faut-il dire enfin, qu'en bas mes hommes, à mes prières, répondent fautes de pistes un "rien" quand à son identité, et que parachevant ce tableau de songe d'une fin d'enfer, les péchés n'ont jamais été si divisés?"

Puis plus bas: "Mais, vous, vous qui semblez informée sur tout, et tout le monde, même moi, même mal, pour un peu y remédier, pourriez partager ce que vous avez; mieux dit: ce que je vous ai demandé, et qui a sans nul doute provoqué cette déplorable rixe. Je suppose que j'ai votre coopération... et la promesse de me débarrasser de l'ombre qui me suit sans être la mienne."
Il s'était penché vers elle, très près, plongeant dans son iris jaune son absence de regard dans lequel, malgré lui, se voyait une plénitude malsaine.


"Maintenant, que disent les cieux, Léviathan, sur l'aimable hôte du purgatoire?"
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Envie
Administratrice


Nombre de messages: 134
Localisation: Dans le Purgatoire
Date d'inscription: 12/09/2005

MessageSujet: Re: Derrière la porte rouge, en bas de chez moi.   Jeu 2 Nov - 16:27

Il l’avait donc entendue. Devait-elle se sentir soulagée ou mal à l’aise ? Envie choisit de rester neutre, et aspira longuement la fumée de sa cigarette. Dehors, un petit groupe de jazz jouait. On pouvait les percevoir faiblement à travers les murs lépreux de la petite fumerie. L’ambiance se prêtait totalement à ce genre de petite discussion. Les syllabes de son ancien nom n’en résonnèrent que plus durement dans son crâne. Ceci n’avait rien à faire là. Elle choisit de ne pas relever pour le moment, préférant enfoncer ses ongles dans le bois du balcon. Cet excès de familiarité se paierait plus tard.

« Les termes de notre contrats, cher collègue, étaient clairs. En échange des renseignements que j’étais susceptible de vous offrir, j’attendais, en échange, tout ce que vous saviez sur la situation des Enfers, en tant que premier versement.


Elle marqua une pause, et détourna ses yeux de ceux d’Orgueil, et, lui tournant de nouveau le dos, s’accouda au balcon surplombant le magasin. Le boutiquier en bas, derrière son comptoir astiquait consciencieusement un des Buddhas immondes dont il était censé faire commerce. Elle laissa son regard vagabonder quelques instants sur les objets en vente, tentant de s’imaginer qui diable pourrait être assez stupide pour acheter ces horreurs.
En y repensant, il était tout de même étonnant qu’Orgueil ai accepté de passer un contrat avec elle sans savoir ce qu’elle demanderait en échange. Peut-être avait il été extrêmement curieux, ou bien seulement peu précautionneux. Elle se rappela de l’enveloppe bleue – qu’elle était passée prendre à l’Unitaz quelques heures plus tôt – en sécurité dans une des poches de son manteau. Les yeux toujours perdus dans le vague, elle continua.

- Mon offre est toujours valable. Je vous avait parlé d’une deuxième condition contre ma coopération souvenez-vous. Le moment est venu je pense, de jouer cartes sur table. Voici ce que je veux vraiment : Les noms de tous vos clients, ainsi que du genre de…services qu’ils vous demandent en échange de sombres trafics de capitaux. Bien sûr, par clients, j’entends aussi ceux que vous cachez dans les montagnes. Ajouta-t-elle un sourire amusé sur les lèvres.
Pour le moment, continua Envie, je me contenterai pour le moment du premier versement. Et en échange, vous aurez bien sûr une ébauche de réponses au questions que vous m’aviez posées."

Comme lui, elle était revenue au vouvoiement formel que les péchés n’employaient entre eux que très rarement. Sûrement pour donner à la scène un peu plus de cérémonial. Dans la rue, le groupe jouait toujours. Elle reconnu les dernières paroles :
I’ll live a lush life in some small dive...
And there I’ll be, while I rot
With the rest of those whose lives are lonely, too..
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://digitaline.deviantart.com
Orgueil
Péché


Nombre de messages: 51
Localisation: Essentiellement Asgard
Date d'inscription: 31/10/2005

MessageSujet: Re: Derrière la porte rouge, en bas de chez moi.   Ven 3 Nov - 22:01

Avec un petit sourire, car il la considère de dos, ça fait deux fois se dit-il. Deux fois qu'a l'évidence de sa présence menaçante répond une retraite, comme un geste de supplication déguisé par la pudeur en don du milieu des omoplates, défi fait au fer du vainqueur, et que l'on peut relever si le sac de la vie seule contente, et réussir si la déroute d'un adversaire ne dégoûte pas de n'être qu'assassin.

Il la rejoignit au balcon, accoudé à sa gauche. Elle fuyait le face a face, alors, ils continueraient cote a cote. Il rompit un silence gêné, parlant visiblement dans une rêverie lointaine.
"Etrange homme, n'est ce pas? Cela va faire 60 ans que mon visage lui est familier. Il a cru à son époque sa fortune si conséquente qu'elle puisse lui donner le privilège de me voler dans le bois comme un cygne. Cette absurdité l'a menée ici. Il ne lui resta que la spirtualité en partage des ruines de sa grandeur perdue. Mais c'était son apanage, selon lui, territoire a jamais inconnu pour nous autres. De sa rancoeur, il fit un mépris, vivant de ce dont je lui fit cadeau dans le projet dur de creuser plus avant dans l'humiliation: cette boutique, ma clientèle, ma figure honnie. Il n'est plus l'homme que j'ai détruit facilement, il arrive à endurer son reflet... Et me hais pour ce que je suis, pas pour ce que j'ai fait.
Ca me fait me demander..."
Il se tourna vers elle.
"Lui peut oublier. Lui peut se tromper. L'illusion le fait vivre. Pas vous. Son erreur de jugement, vous la commettez, mais ce qui suscite en moi une interrogation constante depuis tant d'années quand celui ci en est l'auteur, ne m'inspire qu'effroi à l'idée qu'elle puisse être commise par une entité de votre importance."

"Vous avez peu a m'offrir; des informations, dont j'ignore l'utilité ou la validité. Tandis que... Mes clients, de la ville et ceux de la montagne... Ils seraient utiles à toutes causes. Gardant barre sur eux, Je les affecte pourtant au service d'un interêt commun. Tout comme vous ne me livreriez pas l'allégeance véritable de l'imbécile qui me suit si je l'ignorais, je préserve ma part, et vous laisse la votre. Mes clients vous serviront, en nous servant. Vos contacts me serviront, en nous servant. Respectons chacun assez l'autre pour nous en remettre a lui, quand bien même faut il recourir a un espion pour que cela soit possible. Vous n'aurez jamais la liste de ceux qui me sont liés de quelque manière."

Il s'éloigna et se recoucha, paraissant reprendre là ou elle l'avait interrompu.
"Si cela est indispensable pour vous, je suppose cette conversation finie, et que vous êtes désormais dans l'obligation de dénicher dans quelque endroit secret un allié assez fou pour se livrer entièrement à votre bon plaisir. J'entends rompre tout engagement, si vous ne révisez pas vos exigences irréalistes. Je ne vous cèderai pas ce qui fait tout mon pouvoir ici, lors que vous surgissez en cet endroit en requerrant mon aide. Ce que vous devez faire, Envie, n'est qu'oublier nos dissensions, et accepter l'Unité que je réclame de toute éternité. Voulez vous partir, Envie, ou restez vous?"
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Envie
Administratrice


Nombre de messages: 134
Localisation: Dans le Purgatoire
Date d'inscription: 12/09/2005

MessageSujet: Re: Derrière la porte rouge, en bas de chez moi.   Sam 4 Nov - 21:47

Envie avait perdu l’habitude de traiter avec ses semblables, elle en avait conscience. Avec les mortels, il lui suffisait d’utiliser son charme, cela fonctionnait en général assez bien. Mais avec Orgueil ou même quelques autres de ses collègues, ce genre de méthodes ne suffisait pas. Elle allait devoir se montrer aussi retorse que son arrogant interlocuteur. Ses yeux toujours rivés sur le commerçant, elle continua :

« Il est vrai que ce n’est pas vous qui êtes venu me chercher, mais vous auriez requis mon aide un jour où l’autre non ? Ces renseignements, vous savez que je suis la seule à pouvoir vous les fournir, il me semble qu’aucune autre personne ici bas n’a de contacts avec les Cieux.
Elle sortit une autre cigarette de son étui, mais réalisa soudain qu’elle n’avait plus d’allumettes. Machinalement, elle la vissa tout de même sur le porte-cigarette et commença à la faire tourner entre ses doigts.
Ma demande est excessive, je le sais, mais comprenez les risques que j’ai dû prendre pour obtenir ces informations qui m’arrivent une fois par semaine. A tout moment, mon contact là haut peut être pris sur le fait, et je pense que ces petites fuites ne seraient que très moyennement appréciées par les autorités célestes.
Je sais que la pitié ne vous fera pas céder, mais à défaut de ne pas accéder à la liste de vos clients, j’aimerai pouvoir les utiliser comme bon me semble, et à n’importe quel moment. Bien sûr, si vous me garantissez au moins ceci, mon…employé serait ravi de prendre congé. D’après lui, vous lui en faites voir de toutes les couleurs, et évidemment, mes habitués seront à votre disposition.
"
Elle eut un petit rire en repensant aux supplications de son espion, désespéré par les habitudes chaotiques d’Orgueil.

"C’est ma dernière offre, cher collègue. Nous ne pouvons plus, ni vous ni moi, nous permettre de rester dans l’incertitude vis à vis de l’autre."
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://digitaline.deviantart.com
Orgueil
Péché


Nombre de messages: 51
Localisation: Essentiellement Asgard
Date d'inscription: 31/10/2005

MessageSujet: Re: Derrière la porte rouge, en bas de chez moi.   Dim 5 Nov - 14:01

"Brillante concession: vous ne voulez plus savoir qui sont mes hommes, mais avoir a disposition chacun d'entre eux, de votre propre initiative... J'avoue déceler une sorte de paradoxe. Une aspiration à commander personnellement des individus dont on ignore jusqu'a l'identité semble voué, sauf incompréhension de ma part, a n'être qu'une sorte d'absurdité; vous concevez ce non-sens, j'en suis sur, ma chère."
Il laissa un silence planer. Mais il le brisa avec la contenance d'un grand seigneur plein de mansuétude qui fait une faveur.
"Je comptais garder une totale main mise sur ce que j'ai bâtit seul. Mais Vous qui créez la discorde, vous vous nourrissez maintenant d'Unité. Je compte marquer cet événement: Je mettrai a votre service direct un homme pour qui "la plupart" de mes relations de la ville sont connu -oubliez ceux de la "montagne"-. Vous passerez par lui, si d'aventure vous vous sentiez des velléités d'intervention."
C'était agaçant, cette façon de jouer nerveusement avec le porte-cigarette, un "Vous l'allumez ou..." lui échappa sans qu'il le veuille vraiment.
"Il va sans dire, dit il en se ressaisissant au plus vite, consterné de sa propre déconcentration, que celui la, Envie, n'a et n'aura jamais qu'une allégeance: Moi. Un espion d'un type bâtard... Je ne vois donc pas l'utilité de demander le retrait du votre, par respect élémentaire des règles de notre jeu, sans compter qu il m'amuse au plus haut point. De même, ne tenez pas pour acquise l'obéissance de mes réseaux les plus importants si vous me tenez a l'écart -vous etes bien moins... D'apparence respectable, que moi-, et ne tentez pas de... diviser pour régner, que sais-je? Cela finirai de façon regrettable."
Il pris la pose la plus relâché possible, allongé la tête en arrière, avant d'ajouter:
"Je suppose qu'il s'agit de ce qui s'appelle un accord. Mes félicitations, Vous venez de brisez une tradition chez les péchés".

Alors...

Se souvenant de la dernière "proposition" rhétorique d'Envie, hochant la tête d'un air mi désapprobateur, mi amusé, il laissa son regard tomber sur la pipe à Opium qu'il tenait a une main. Un Temps. Puis il la tendit à Envie, lançant d'un air sardonique d'ancien attendri par les remuements d'un plus jeune: "Venez vous allonger, et essayer. Vraiment, vous devriez, ma chère, pendant votre récit de ce que vous avez appris. Les vapeurs déjà semble vous tourner, faute d'habitude sans doute... Et... Tant qu'à être mal, autant être tout mal. Cela vous ferait beaucoup de bien, j'en suis persuadé."
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Envie
Administratrice


Nombre de messages: 134
Localisation: Dans le Purgatoire
Date d'inscription: 12/09/2005

MessageSujet: Re: Derrière la porte rouge, en bas de chez moi.   Mar 7 Nov - 17:28

Elle n'écoutait déjà plus. Sans vraiment s'en rendre compte, elle s'était assise, le dos contre la rambarde, un genou replié contre sa poitrine, jouant toujours avec son porte-cigarette inutilisable.
Une alliance...Certaines péchés avaient-ils déjà mis une telle chose en pratique ? Cela sous-entendait que, pour le moment, il leur faudrait mettre de côté l'amour-propre qui les caractérisaient.
Il y a quelques siècles, une telle association aurait été impossible. Dès leur arrivée au Purgatoire, les sept péchés capitaux s'étaient mis en devoir de s'éloigner le plus possible les un des autres.
Alors qu'Orgueil évoluait dans les hautes sphères de l'Asgard, Envie s'était enfoncée au plus profond des ruelles sordides du Midgard, recherchant tous une façon plus ou moins détournée de grapiller ne serait-ce qu'une toute petite bouchée de pouvoir. ces deux-là avaient sûrement été trop ambitieux pour s'en tenir à leur parcelle de puissance.
Mais cette ambition pouvait désormais se réveler dangereuse :
Orgueil n'avait jamais été très tendre envers ses alliés, à en croire ceux qui avaient combattu à ces côtés, et elle se souvenait de quelques histoires, rapportées par ses collègues à faire froid dans le dos.
une alliance entre eux ne signifierait pas la paix, loin de là. Aussi longtemps qu'ils devraient collaborer, le jeu serait à celui qui en obtiendrait le plus en en donnant le moins, et ils n'hésiteraient pas à se tirer dans les pattes. Orgueil ne faisait qu'abonder dans ce sens en refusant dès le départ les conditions qui lui étaient imposées. Elle ferait d'ailleurs sans doute de même, et elle en avait conscience, aucun d'entre eux n'étaient capable de jouer sans tricher.
Dans ce monde ou ils avaient perdu de leur puissance originelle, chacun chercheraient avant tout leur interêt personnel, alliance ou non.
La vue de la pipe à opium lui fit lever un sourcil perplexe. Orgueil savait pourtant qu'elle n'en ferait rien, alors pourquoi proposer ? Envie de s'amuser sans doute.
Elle sourit franchement à son collègue :
"L'alcool et les drogues diverses sont déjà mon lot quotidien, l'Unitaz en regorge mon cher. Je n'ai pas besoin de me compromettre dans des endroits glauques pour goûter à une petite excitation de bourgeois blasé. Je vis dans ce milieu.

Envie n'avait pas bougé, le regard fixé sur le mouvement de son porte-cigarette dans les airs. Une question lui brûlait les lèvres, et elle ne put la retenir :
- Pourquoi n'avez-vous pas réagi en voyant qu'on vous avait fait suivre Orgueil ? Comment avez-vous su que cet homme était un de mes employés ?
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://digitaline.deviantart.com
Orgueil
Péché


Nombre de messages: 51
Localisation: Essentiellement Asgard
Date d'inscription: 31/10/2005

MessageSujet: Re: Derrière la porte rouge, en bas de chez moi.   Sam 11 Nov - 21:32

Bien que tout à la déception de ce refus mal à-propos, par un réflexe de courtoisie, du a son passé "diplomatique", toujours mis en oeuvre, presque malgré lui, s'articulèrent tant bien que mal des paroles interrompus au gré des jeux d'Orgueil avec son instrument préféré -qu'il s'interdisait de porter à la bouche, pour une raison que j'ignore, mais il est sur que la présence d'Envie en serait une bonne part de l'explication-.

"Un Assassin me suit a la trace, dit il, repère a l'occasion ses concurrents à ma chasse, change de proie, les démasque", il marqua un temps, un grand sourire sur les lèvres, "vient m'informer du fait, pour en rire, les épargne si je lui demande; selon sa fantaisie disparaît, puis annonce son retour d'un coup de poignard dans mon dos, sorte de reproche amusé adressé a ma désinvolture vis à vis de ma sécurité... Ses dons lui permettent ces accomplissements fantaisistes, il n'en va pas de même pour la plupart de ceux qui me filent, par conséquent je n'en tiens pas compte, car je ne me sens aucune menace planant sur moi... A l'exception notable de mon ami garde du corps...
Je vous le présenterais un jour, il est délectable... Et votre homme, -ou celui de Mr Pallido?- le croisera celui ou je serais lassé de l'avoir dans mon cortège."

Il était sincèrement déçu, et de plus en plus, au point que cette désagréable sensation formait un noeud dans son esprit et pire, dans son ventre. Il s'étonnait lui même qu'un refus d'Envie lui fasse tant d'effet.
Lassitude. La pipe à Opium lui faisait maintenant ostensiblement de l'oeil, l'ingrate! Et le même scrupule inconnu de sa pudeur a l'empêcher de se répandre doucement dans son Vice adorable sous les auspices jalouses d'une fumée plus qu'enivrante, car en présence de...

Il la tenait maintenant devant lui, des deux mains, comme on porte un cadeau embarrassant dont on ne sait que faire, et que l'on n'a pas l'audace de poser. Non, non, et non! Que s'imagine elle, qu'on noue une alliance en refusant le calumet de la paix! Il faut un signe, fait à travers les flammes de l'intérêt de chacun, une marque, une cérémonie qui met le marché, l'honneur et les deux partis dans une sphère nouvelle qui n'est plus l'addition de deux mais une nouvelle entité qui rependra frisson et tourments chez ceux qui se dresseront contre elle!
Sans rituel, l'alliance n'avait plus rien de ce sacré profane auquel tenait tant Orgueil! Elle était nulle et non avenu! Déjà que dans le passé, même avec une objective cérémonie, menée dans les procédures, et rigoureusement, Orgueil tendait malgré tout à être assez lâche avec ses engagements; alors sans... Tristement, il traîna son regard de déchu vers cette arrogante femme. Il lui expliqua calmement que si l'Opium était a ce point en dessous d'elle, il allait falloir l'aider lui a trouver lui un moyen plus élevé que lui, de sceller leur pacte dur.
Intérieurement, il se susurrait dans tout ses tons désarticulés: "Je me mare!"
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Envie
Administratrice


Nombre de messages: 134
Localisation: Dans le Purgatoire
Date d'inscription: 12/09/2005

MessageSujet: Re: Derrière la porte rouge, en bas de chez moi.   Sam 2 Déc - 21:46

Un assassin...elle eut soudain une furieuse envie de tourner les talons. Comment osait-il ? En tant que péché, il avait des obligations, et celle de rester en vie en faisait partie. Et si jamais cet "ange gardien" avait une bouffée de pouvoir et tentait d'éliminer son maître ? Orgueil était certes résistant, mais ici, au Purgatoire, ses pouvoirs étaient ammoindris, tout comme les autres péchés.
Envie chassa ses idées de son esprit. Après tout qu'importe ! Elle avait d'autres chats à fouetter.

Les petites manies de son collègue l'agaçaient. Cette idée de "sceller le pacte" était positiviement ridicule. Il faudrait cependant en passer par là pour officialiser cette union, elle en avait conscience. Cependant, il n'était pas question qu'elle pose les lèvres sur la pipe à opium. Question de fierté. Orgueil n'accepterait pourtant pas de négociations sans ce petit rite initiatique vieillot de chef de guerre.

Elle fixait le foyer rougeoyant de la pipe, comme si elle y cherchait quelque réponse à ses interrogations. Pourquoi refusait-elle si violemment de céder au caprice de son nouvel associé ? Peut-être parce que leurs relations n'avaient jamais été basées sur autre chose que sur un perpétuel défi. C'était toujours à celui qui céderait le premier, et même dans cette optique d'alliance, ni l'un ni l'autre ne se départiraient de leurs défiances.
Son collègue semblait ailleurs lui aussi. Quelques part dans les paradis artificiels. Envie n'avait jamais compris la fascination qu'exercait cette drogue, pourtant si commune et banale sur lui. Peut-être que lui non plus n'en savait rien.
Le problème restait entier : conclure une allaince en se mettant dans le même état de dépravation que lui était tout simplement impensable.
Autant fixer les règles avec une drogue neutre ; elle claqua des doigts et attendit.
A peine une minute plus tard, un homme mince avec une chemise rayée et un chapeau feutre entra. Il lui lanca un regard inquiet : serait-elle mécontente de ses services ? Don Pallido ne le lui pardonnerait pas. Elle lui glissa quelques recommandations dans l'oreille et il s'éclipsa le plus rapidemment possible.
Une dizaine de minutes plus tard, il était de retour, portant un paquet enveloppé d'un tissu grossier et épais. Envie le lui arracha presque des mains et lui fit signe de partir. Lentement, elle défit le paquet. La bouteille était parfaitement conservée. C'était un des petits tésors qu'elle avait emporté des Cieux. Sans un mot, elle posa la bouteille devant Orgueil. Même dans son état lamentable il serait capable d'identifier le trésor.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://digitaline.deviantart.com
Orgueil
Péché


Nombre de messages: 51
Localisation: Essentiellement Asgard
Date d'inscription: 31/10/2005

MessageSujet: Re: Derrière la porte rouge, en bas de chez moi.   Sam 16 Déc - 19:58

"Humour d'Ange?"

La bouteille explose comme le Vésuve dans l'oeil trouble noirci d'Orgueil; encore, à travers le verre, tout se rejoue une nouvelle fois: Les flingues chargés, la chasse donnée aux charognards jusque dans les montagnes, le massacre en bas, puis, les échos de rire au sommet des crêtes, le vice un couteau dans la gorge, alors que, murmure craintif dans l'ombre en croix de la vallée, sans arme le troupeau pitoyable gémit à terre et saigne l'échec, la débâcle des démons pourchassés chez eux par les séraphins plus traîtres que jamais, le gros des ailés qui brisent les derniers cornus, d'autre qui lâchent leur degueulis sacré sur l'état major à découvert, quand au milieu, Lui, debout sur les membres du général tué de la légion, gueule un ordre, gueule tout court, lui pas encore péché, au milieu de putes qui cavalent en agitant les bras et arrachent des plumes à ceux qui les égorgent, lui, rescapé, défait, pâle, lui parmi les 10 choisis par le seigneur des mouches pour aller signer l'offense: l'armistice, après le carnage pieux.

La scène se passe dans le palais de la justice, "hôtel de ville" des cieux. Les libations de victoire se font a coup d'ambroisie, les gardes saouls forment un désordre comme jamais en enfer, et on sert, en riant, aux démons de 9ème cercle sobres le liquide incolore extrait de l'unique fruit qui ai jamais été défendu dans le jardin d'Eden; liquide aussi insipide que rare. L'inestimable moquerie. A part les emplumés, personne n'en a jamais ri. Au milieu de la fange céleste, comme les autres, il signe ce coup de tonnerre qui ébranle l'enfer, un verre plein à la main.

Elle ne pouvait pas l'ignorer... Et quand bien même?

Il se dresse avec une taille nouvelle, et luttant contre la tension de sa chair, ouvre les bras en arc et arrache le tissu vrai de ce monde en un effort.
Sa puissance mûre se rue comme par un robinet ouvert, comme un char lancé sans conducteur, emmène avec elle le bois, les peintures, les statues immonde... De la brise naissent des milliers de pétales noirs qu'elle soulève et porte en avant, à la rencontre du coeur d'Envie.
Lui faire retirer ce sourire.
La mettre a terre.
Lui faire mal, surtout.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Envie
Administratrice


Nombre de messages: 134
Localisation: Dans le Purgatoire
Date d'inscription: 12/09/2005

MessageSujet: Re: Derrière la porte rouge, en bas de chez moi.   Sam 16 Déc - 22:13

En vingt-quatre heures, c'était la deuxième fois qu'Envie se faisait attaquer. Etait-elle à ce point là haïssable ? Elle se savait désespéremment égocentrique, mais de là à s'attirer les foudres de deux puissances majeures du Purgatoire en si peu de temps...C'était sûr, quelqu'un là-haut la détestait.
L'attaque de son collègue l'avait projetée à terre. Rapidement, elle esquiva la suivante et se concentra : elle n'avait plus l'habitude de se battre - l'avait-elle jamais eu ? - mais trouva suffisemment de force en elle pour bloquer un autre assaut éventuel.

Peut-être avait-elle été naïve. Envie aurait dû prévoir cette réaction. Mais l'état d'apathie dans lequel était plongé Orgueil à son arrivé ne l'avait pas préparé à cette éventualité. Depuis plusieurs millénaires qu'elle le conaissait, le péché ne l'avait jamais vu dans un état pareil. L'espace d'un instant, elle eu peur...Orgueil était beaucoup plus puissant qu'elle. Il ne lui restait plus qu'à tenter d'esquiver le plus longtemps possible ses attaques en priant pour qu'il retrouve ses esprits. Même maintenant, il devait avoir conservé suffisement de bon sens pour savoir que la blesser grièvement et même la tuer ne ferait qu'empirer la situation.
Envie était cependant trop fière pour se replier sur elle-même et attendre que ça passe. Il fallait qu'elle agisse, et rapidement si elle ne tenait pas à être balayée par les assauts de son orgueilleux collègue.
Elle se concentra, et déchaîna à son tour une vague de puissance. Les deux forces, égales, s'annulèrent presque automatiquement. ce qui eut pour effet de faire retomber statues, tentures et bris de bois sur le sol, avec un grand bruit.
Essoufflée, Envie se releva et plongea ses yeux jaunes dans ceux d'Orgueil. Elle ne souriait plus, mais l'ironie était perceptible dans sa voix :

"Mais encore ?"
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://digitaline.deviantart.com
Orgueil
Péché


Nombre de messages: 51
Localisation: Essentiellement Asgard
Date d'inscription: 31/10/2005

MessageSujet: Re: Derrière la porte rouge, en bas de chez moi.   Ven 5 Jan - 18:17

"Mon Envie, avec des ongles d'aigles en guise de rasoir, est de creuser une fosse beante entre la racine de vos brillants cheveux et la chute verticale de votre front d'ange, d'emprisonner mes mains dans ce colet, et de liberer ces pris au piège lentement dans un crissemement d'agonie de chair, les separer toute deux avec une tension toujours egale, constante, sans repis malgré les sucs noiratre sous les ongles, ouvrir d'un coup sec, en grand ce nouveau sourire de l'ange, et les faire lapper la bassine offerte a grande gorgée de tissu de poignard."

Il marqua bruyament son humour, qui de moins en moins agressif, devenait tendre malgré les éclats de rire, mais tendre envers lui meme, explorant ses mains ouvertes pour y trouver ses veines et le sang courant dedans, pour y trouver une douce chaleur. Il les laissa retomber le long du corps, tachant de clarifier son esprit.

"Mais encore... Rien. Pas assez pour dechirer le voile de ce monde. Les autres, n'y auront vu qu'un murmure lointain, sans se douter que nos pouvoirs ont été conjurés. Il est trop tot, pour qu'il percoivent un combat, d'ampleur, et celui la ne doit pas etre entre vous et moi, Leviathan, nos querelles ataviques cèdent aux interet du siècle... Un jour, peut etre."

Il redressa un fauteuil qui montrait au ciel ses 4 fers, s'y assit.
"Vous avez bien reagi, du reste. Je vous craignais trop peu faite pour l'action, ce fut pourtant honorable. Je saurais le calibre de mon allié, a l'avenir, vous supposerez le mien, et restons en la en guise de céremonie, voulez vous bien?"
Il se cala dans le fauteuil avec l'impression d'avoir epuisé ce qu'il voulait dire, et pourtant, de n'avoir que trop peu parlé.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
 

Derrière la porte rouge, en bas de chez moi.

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 2Aller à la page : 1, 2  Suivant

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Ebrius Sanguine :: Asgard :: Avenue John Kelly :: Quartier des affaires-
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet